Le 11 août 2026 a marqué la fermeture définitive de Bloctel. La plateforme nationale d’opposition au démarchage téléphonique a été retirée au profit d’un cadre juridique plus strict, reposant désormais sur le consentement préalable (opt-in). Pourtant, le jour même de sa disparition, le service a confirmé avoir été victime d’une fuite de données majeure.
La fuite de données : ce qui s’est passé
Une faille de sécurité liée à l’usurpation d’un compte professionnel, due à l’absence de double authentification a permis à des cybercriminels de télécharger des fichiers contenant près de 3 millions de numéros de téléphone. Parmi ces données, environ 600 000 numéros appartenaient à des citoyens inscrits sur la liste d’opposition.
Les données dérobées : Seuls des numéros de téléphone actifs (accompagnés d’identifiants internes) ont été compromis. Aucune donnée nominative directe, comme les noms, adresses e-mail ou détails bancaires, n’a fuité.
L’Ironie du piratage : Les victimes sont précisément des personnes ayant fait la démarche explicite de ne plus être démarchées ou sollicitées.
Que peuvent faire des pirates avec ces données ?
Un numéro de téléphone seul ne permet pas d’accéder à un compte bancaire, mais il constitue une matière première précieuse pour l’écosystème de la cybercriminalité :
Vishing et arnaques au « faux conseiller » : Des fraudeurs peuvent contacter les victimes par téléphone en se faisant passer pour un conseiller bancaire, la CNIL ou la DGCCRF. Sachant que la fuite vient de Bloctel, des attaques d’ingénierie sociale basées sur ce thème peuvent être montées pour tromper la vigilance des cibles.
Campagnes de Smishing (Hameçonnage par SMS) : Envois massifs de SMS frauduleux prétextant un colis suspendu, un renouvellement de carte vitale ou une amende.
Croisement de bases de données (Data Enrichment) : Ces numéros, confirmés comme valides, peuvent être croisés avec d’autres fuites antérieures (issues de sites e-commerce ou d’opérateurs) pour reconstituer des profils complets (nom, prénom, e-mail, adresse) et mener des attaques encore plus ciblées.


